1. Coût actuel et futur de la perte de biodiversité (scénario « business as usual »)
- Coût économique global : La dégradation des écosystèmes naturels entraîne un coût estimé à plus de 5 000 milliards de dollars par an pour l’économie mondiale. Cette perte affecte la disponibilité des ressources naturelles, augmente les coûts des matières premières et perturbe les chaînes d’approvisionnement.
- Impact sur le PIB mondial : L’effondrement de certains services écosystémiques, tels que la pollinisation et la pêche, pourrait réduire le PIB mondial de 2 700 milliards de dollars par an d’ici 2030.
- Dépendance économique à la nature : Environ 44 000 milliards de dollars de valeur économique générée, soit plus de la moitié du PIB mondial, dépendent modérément ou fortement de la nature et des services écosystémiques.
- Coût des espèces exotiques envahissantes : Le coût économique mondial des espèces exotiques envahissantes a dépassé les 423 milliards de dollars par an en 2019, quadruplant chaque décennie depuis 1970.
2. Solutions envisageables, coûts associés et bénéfices attendus
a) Protéger et restaurer les écosystèmes
- Objectif 30×30 : Protéger 30 % des terres et des océans d’ici 2030 est un objectif central de l’accord de Kunming-Montréal. Actuellement, seuls 8,35 % des mers et 17,5 % des terres sont protégés.
- Investissements nécessaires : La mise en œuvre de l’objectif 30×30 nécessiterait des investissements estimés à 200 milliards de dollars par an. Cependant, seuls 260 millions de dollars ont été versés jusqu’à présent.
b) Réformer les subventions néfastes
- Subventions nuisibles : Entre 34 et 48 milliards d’euros par an de subventions européennes soutiennent des activités ayant un impact négatif sur la biodiversité, notamment l’agriculture intensive.
- Réorientation des financements : Réorienter seulement 7,7 % des flux financiers « négatifs » pourrait combler le déficit de financement pour les solutions fondées sur la nature.
c) Transition agroécologique
- Transformation des systèmes alimentaires : Le WWF recommande une transition vers l’agroécologie, une réduction de la consommation de viande et une meilleure distribution des denrées alimentaires pour préserver la biodiversité.
d) Corridors écologiques
- Connectivité des habitats : La création de corridors naturels favorise la circulation de la faune, la dissémination du pollen et des graines, et les échanges génétiques entre populations, renforçant ainsi la résilience des écosystèmes.
3. Synthèse comparative : inaction vs action
3. Comparative summary: inaction vs. action
| Inaction (scénario actuel) | Action climatique ambitieuse | |
| Coût annuel estimé | 5 000 milliards de dollars | Investissements de 200 milliards de dollars/an |
| Impact sur le PIB mondial | Réduction de 2 700 milliards de dollars/an d’ici 2030 | Croissance économique soutenue grâce aux services écosystémiques |
| Dépendances économiques | 44 000 milliards de dollars dépendent de la nature | Préservation du fonctionnement naturel (sans besoin d’intervention humaine ni de réparation) et de des services écosystémiques essentiels |
| Subventions nuisibles | 34 à 48 milliards d’euros/an | Réorientation vers des activités favorables à la biodiversité |
| Bénéfices attendus | Pertes économiques et écologiques croissantes | Création de 395 millions d’emplois et 10 100 milliards de dollars de nouveaux débouchés commerciaux par an d’ici 2030 |
La perte de biodiversité engendre des coûts économiques considérables et menace la stabilité des écosystèmes dont dépend l’humanité. Des actions ambitieuses, telles que la protection des habitats, la réforme des subventions et la transition agroécologique, sont essentielles pour inverser cette tendance. Ces mesures nécessitent des investissements significatifs, mais les bénéfices économiques et écologiques à long terme surpassent largement les coûts initiaux.


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